L’Ukraine doit élaborer une politique d’État concernant le retour des réfugiés, notamment des enfants et des jeunes. C’est ce qu’a déclaré la médiatrice pour l’éducation, Nadiya Leshchyk, dans une interview accordée à Ukrinform, en commentant la tendance alarmante des lycéens qui partent étudier à l’étranger.
D'après elle, le pays ne dispose actuellement d'aucune statistique précise sur les départs scolaires par âge, mais on constate un déscolarisation massive, tant chez les filles que chez les garçons. Parallèlement, les enseignants et les chefs d'établissement signalent une baisse progressive du nombre d'élèves de première scolarisés en présentiel ; certains optent pour l'enseignement à distance et partent étudier à l'étranger.
« Qu’est-ce qui pousse les gens à partir ? La sécurité est primordiale. Mais les parents s’inquiètent aussi des informations faisant état d’un possible abaissement de l’âge de mobilisation à 18 ans. Cela influence également leur prise de décision », a souligné le médiateur.
Leszczyk ajoute que, malgré les difficultés d'adaptation des enfants à l'étranger, de nombreuses familles n'ont d'autre choix que de partir : « On voit parfois des enfants à l'étranger qui ne parviennent pas toujours à s'adapter, qui rencontrent des problèmes. Ils seraient mieux ici. Mais il faut réfléchir à ce qui pourrait les inciter à revenir. ».
D’après les résultats d’une enquête menée par le Bureau du Commissaire aux droits de l’homme, les facteurs déterminants du retour des Ukrainiens de l’étranger sont les suivants :
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disponibilité des logements,
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travail stable,
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liens familiaux en Ukraine,
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qualité des perspectives éducatives pour les enfants.
Selon Leszczyk, l'État ne devrait pas seulement déclarer son désir de renvoyer les réfugiés, mais aussi offrir de véritables incitations et des garanties de sécurité.

